Contraception : pour quoi faire ?
En France, chaque année, 200.000 à 220.000 femmes environ ont recours à une interruption volontaire de grossesse (IVG) car elles se retrouvent enceintes sans l'avoir voulu. Cette situation survient souvent à un moment de leur vie où elles ne peuvent pas assumer d'élever un enfant, suite à une rencontre sans engagement, ou dans des circonstances difficiles.
Il faut savoir que, comme pour certaines infections sexuellement transmissibles, « une fois suffit » pour être enceinte. Il est donc nécessaire qu'une femme ayant des rapports sexuels réguliers ait une contraception efficace, même si son partenaire utilise un préservatif masculin.
Les impératifs de la contraception
Pour qu'une contraception soit acceptable, elle doit remplir 4 critères définis par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) :
1. Simplicité
Une contraception doit avoir le mérite de la simplicité et ne pas gêner la femme dans sa vie quotidienne. Les méthodes complexes comme les capes cervicales ou diaphragmes sont donc exclues.
2. Innocuité
Il est impératif qu'une contraception ne soit pas dangereuse. Les contraceptions fortement dosées avec risques cardio-vasculaires (particulièrement chez les fumeuses) sont exclues.
3. Réversibilité
La fertilité doit redevenir exactement la même qu'avant à l'arrêt de la contraception. Cette condition est remplie par TOUTES les contraceptions disponibles en pharmacie française.
4. Efficacité
Mesurée par l'indice de Pearl (I.P.) - nombre de grossesses sur 100 femmes pendant 1 an :
- Pilules : I.P. 0,25
- DIU (stérilet) : I.P. 0,5
- Préservatif : I.P. 14
Contraception ne veut pas forcément dire « pilule » !
Comparativement aux autres pays du monde, les Françaises sont les plus grandes utilisatrices de pilule. Or, il existe d'autres contraceptions tout aussi efficaces, bien tolérées, mais plus simples et pratiques.
Les contraceptions efficaces actuellement disponibles en France :
A. Contraceptions hormonales
1. Contraceptions œstro-progestatives
Contiennent un œstrogène et un dérivé de la progestérone. Assurent un bon contrôle du cycle (règles régulières tous les 28 jours). Disponibles sous 3 formes :
Voie orale
Pilules minidosées, parfois biphasiques ou triphasiques. Certaines ont un effet anti-acnéique ou diurétique.
Patch hebdomadaire
Appliqué une fois par semaine, 3 semaines consécutives. Même efficacité et tolérance qu'une pilule.
Anneau vaginal
Anneau en silicone, posé 3 semaines. Invisible et non gênant. Même efficacité qu'une pilule.
2. Contraceptions progestatives normodosées
Voie orale : Bon contrôle du cycle en général, mais parfois mal tolérées et peuvent faire prendre du poids.
Voie intramusculaire (tous les 3 mois) : Contrôle du cycle généralement mauvais avec saignements incessants. Rarement utilisé.
3. Contraceptions microprogestatives
Très intéressantes par leur innocuité (idéales pour les fumeuses), risque cardio-vasculaire quasi nul. Point faible : contrôle du cycle parfois irrégulier les premiers mois.
Voie orale
Pilule prise sans interruption, tous les jours du mois.
Implant sous-cutané
Posé sous la peau du bras pour 3 ans. Maximum de simplicité : plus rien à penser !
B. Contraceptions non-hormonales : DIU (Dispositif Intra-Utérin)
Communément appelé « stérilet » (terme impropre car il ne rend pas stérile).
DIU au cuivre
- Assure uniquement la contraception
- Peut augmenter le volume des règles
- Durée : 4 ou 5 ans selon la marque
DIU au Lévonorgestrel
- Contraception + réduction des règles
- Diminue les douleurs menstruelles
- Durée : 5 ans
- Très bien toléré
Les contre-indications de la contraception
C'est au médecin prescripteur de rechercher ces contre-indications et de refuser une contraception si elles existent.
Type de contraception | Principales contre-indications |
---|---|
Œstro-progestatives | Tabagisme, maladies cardio-vasculaires, troubles de la coagulation, certains diabètes, excès de cholestérol, antécédent de cancer du sein ou de l'endomètre |
Progestatives normodosées | Tabagisme, maladies cardio-vasculaires, troubles de la coagulation, certains diabètes, antécédent de cancer du sein ou de l'endomètre |
Microprogestatives | Antécédent de cancer du sein ou de l'endomètre (Tabagisme NON contre-indiqué) |
DIU (stérilet) | Malformation utérine, antécédent d'infection des trompes, allergie au cuivre (Nulliparité et tabagisme NON contre-indiqués) |
Les effets secondaires de la contraception
Contraceptions hormonales (sauf microprogestatives)
- Phlébite et embolie pulmonaire (risque × 6)
- Infarctus chez les fumeuses (risque × 3)
- AVC chez les fumeuses (risque × 3,5)
- Insuffisance veineuse (« jambes lourdes »)
- Migraine cataméniale
- Variation de la libido
DIU (stérilet)
- Infection utérine/tubaire (rare, dans les 8 jours post-pose)
- Augmentation du volume des règles (sauf DIU hormonal)
- Augmentation des douleurs de règles (sauf DIU hormonal)
Les effets bénéfiques dont on ne vous parle jamais !
Effets bénéfiques des contraceptions hormonales :
- Diminution du risque de cancer de l'ovaire (risque divisé par 4 après 10 ans d'utilisation)
- Diminution des douleurs de règles
- Diminution des douleurs mammaires
- Diminution de l'abondance des règles
Pour tordre le cou à des idées reçues...
Les « mythes » suivants sont FAUX et démentis par de nombreuses études :
❌ FAUX
- « La pilule fait prendre du poids »
- « La pilule rend stérile »
- « Il faut arrêter la pilule pour laisser le corps récupérer »
❌ FAUX
- « Il faut plusieurs mois pour être enceinte après l'arrêt »
- « La pilule donne le cancer du sein »
- Et bien d'autres idées reçues...
Combien ça va me coûter ?
Remboursées à 65% par l'Assurance Maladie
- Certaines pilules œstro-progestatives anciennes
- Pilules progestatives normodosées
- Certaines pilules microprogestatives anciennes
- Implant contraceptif sous-cutané
- Tous les DIU
Non remboursées
Coût : environ 12 à 14 euros par mois
- Pilules de nouvelle génération
- Anneau vaginal
- Patch contraceptif